Le chômage des jeunes prend des proportions dramatiques, avec des conséquences sociales multiples. Les principales causes de ce phénomène reposent sur les facteurs suivants :

  1. l’exiguïté du tissu économique, donc de l’offre d’emploi, face à une demande d’emploi toujours croissante ;
  2. l’exigence d’une main-d’œuvre directement opérationnelle par les entreprises, face à un système de formation encore non bien adapté aux besoins réels du marché de l’emploi;
  3. l’exploitation insuffisante des opportunités d’emplois et d’auto-emplois dans notre pays ;


Le constat est fait que près de 70% de jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi n’ont aucune qualification en terme de métier. Par ailleurs, la fonction publique qui jadis apportait une solution sociale à ce problème par l’absorption massive des jeunes, a aujourd'hui des moyens 

limités. Les entreprises, quant à elles, voient dans la création de l'emploi, non pas la résolution d’un problème social, mais la recherche des outils de production rentables.

Face à cette situation, il est urgent de réagir en proposant des solutions adaptées, pour permettre aux jeunes de s’insérer dans le système de production. Cependant, le Gouvernement n’est pas resté les bras croisés. A travers le Fonds National de l'Emploi (FNE), il a en effet conçu et mis en place un ensemble d’outils spécifiques en faveur de l'emploi des jeunes dont le Programme Emploi Diplômé (PED), avec un ensemble de mesures incitatives. Ce programme pré-emploi, basé sur le partage (50/50) des frais d'indemnités versés aux stagiaires, par le FNE et l'entreprise, a permis à ce jour d'insérer dans le circuit de production plus de 3.400 jeunes diplômés. Il a bénéficié de la participation de plusieurs structures d'envergure dans les secteurs public, parapublic et privé.

Le PREJ (Programme Retraite Emploi Jeune), un autre programme en démarrage au FNE, s'inscrit dans la même logique. Il consiste à mettre en apprentissage un jeune à côté d'un employé en fin de carrière (départ à la retraite), pour permettre à l'entreprise d'assurer la continuité de l’emploi et un transfert optimal de compétences au poste concerné, gage de gain de productivité.

Un autre volet de lutte contre le chômage des jeunes au FNE est l’appui à l’auto-emploi et à la création de micro entreprises. Ce volet a permis aujourd’hui d’appuyer 27.978 projets générant 48.480 emplois. Afin de soutenir davantage le développement des projets financés, le FNE a élaboré le « Programme de Parrainage des Micro entreprises » par les chefs d’entreprises de taille plus importante. Ce programme baptisé « MICROPAR » vise à aider les promoteurs de micro entreprises à mieux assurer le développement de leurs affaires grâce à « la main tendue d’un aîné à un petit frère ». Il s’agit ainsi de susciter l’esprit citoyen de la part des chefs d’entreprise pour un plus grand engagement dans la lutte contre le chômage des jeunes.

Le PED et le PREJ permettent de proposer aux entreprises une solution économique dans l’embauche des jeunes. Le MICROPAR donne l’occasion aux entreprises de jouer un rôle social important en servant de locomotive aux jeunes créateurs d’entreprise, tout en profitant à l’occasion de leur flexibilité. Il conviendrait de rendre ces trois programmes plus dynamiques et plus rentables, à travers la stimulation de l'esprit citoyen des entreprises dans le cadre d’un Programme pour l'Emploi des Jeunes (PEJ). Les entreprises publiques, para-publiques et les entreprises mixtes doivent jouer un rôle de premier plan dans ce programme.